La beauté de l’âme, la beauté de Dieu, la beauté des hommes.

Grâce à Cheyenne Carron

Cheyenne Carron est une remarquable artiste et cinéaste française qui depuis 2001 travaille vaillamment hors du système marchand du cinéma français et international, parvenant à écrire, produire et réaliser des films magnifiques et nombreux comme on en témoigne son site officiel.  
Je viens de voir sur Dailymotion L’Apôtre, un film de 2014 que je vous propose de découvrir ( en deux parties). L’action de ce film se situe en France et raconte la conversion d’un jeune musulman au Christ. Si l’énoncé du sujet de ce film suffit à indiquer l’audace et le courage de cette cinéaste, sa vision vous montrera son intelligence, sa délicatesse, son talent et sa charité véritable. Des qualités qui pour nous sont celles de toute oeuvre d’art authentique, c’est-à-dire celles d’oeuvres susceptibles de ressusciter la vie et l’amour chez ceux qui ont des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un esprit pour comprendre et un coeur pour aimer.  

http://“//www.dailymotion.com/embed/video/x326nwt”<br /><a href=“http://www.dailymotion.com/video/x326nwt_l-apotre-film-chretien-en-francais-part-1-2_shortfilms&rdquo; target=“_blank”>L&rsquo;Ap&ocirc;tre &laquo; Film Chr&eacute;tien en fran&ccedil;ais (part 1-2)</a> <i>par <a href=“http://www.dailymotion.com/Worship-fever&rdquo; target=“_blank”>Worship-fever</a></i>

Interview de la réalisatrice à propos de L’Apôtre

Qu’est-ce qui vous a inspiré le projet de ce film,  L’Apôtre ?
Il a eu plusieurs sources d’inspiration. La première, c’est un drame que j’ai vécu à l’âge de 19 ans. La sœur du prêtre de mon village a été tuée. Etranglée par le fils de ses voisins. Je connaissais cette femme, elle était d’une bonté rare. Après le meurtre, le prêtre, a dit qu’il souhaitait rester vivre auprès de parents dont le fils avait tué sa sœur, car sa présence les aidait à vivre. C’était une famille Musulmane d’origine Marocaine. Ces paroles, et ces actes m’ont profondément marquée.
Cet acte de Charité si beau est, dans le film, le point de départ du désir de conversion de mon héros, Akim. Touché par ce message, il décide d’aller vers son chemin de la conversion.   Ensuite, ma deuxième source d’inspiration, m’est venue d’un ami, converti de l’Islam qui fréquente la même église que moi. Il m’a raconté ses luttes, ses souffrances, son parcours m’a touchée, alors je m’en suis inspirée.   Et pour finir, je suis Catéchumène, et cette période d’écriture correspond à la période de ma préparation au baptême.

Le rôle principal «Akim» est incarné par un comédien de culture arabo musulmane…
Lorsque j’ai choisi mes comédiens, j’ai avant tout choisi des comédiens de grand talent. Fayçal Safi est un comédien qui dégage une grande vérité, son jeu est sobre, il est lumineux. Il est exactement ce que je cherchais. Il se trouve qu’il est Musulman, ce qui rend encore plus fort pour moi le message de tolérance que je voulais faire passer dans le film. Le film regroupe des comédiens Athées, Musulmans, Catholiques, convertis, et Juifs, ensemble nous avons fait un film qui parle du désir de croire en Dieu et de la tolérance.

Les parents, le frère Youssef, et la sœur Hafsa sont aussi incarnés par des acteurs incroyables…
J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Salah, Norah, Brahim, Touffik, Sarah, Yannick, et les autres… Tous ont une vérité, et une qualité de jeu rare. Ils ont tous parfaitement compris leurs personnages, et les ont servis avec beaucoup d’humilité et de générosité.

Y a-t-il eu des désaccords entre vous, sur le scénario, les personnages, et ce qu’ils devaient défendre?
Il m’est arrivé lors des castings d’avoir affaire à des comédiens frileux ou inquiets par le sujet. Alors je n’ai pas donné suite. Je ne voulais pas de comédiens qui s’engagent à moitié. Lorsque je fais un film, je mets ma peau sur la table, et j’attends la même chose de mes comédiens.  

Est-ce que ça n’a pas été difficile de convaincre des personnes de religions différentes, unis autour d’un sujet qui parle d’une conversion au Christianisme.
Les comédiens sont des artistes avant tout. Ouverts sur le monde.
Je pense qu’ils avaient tous conscience que d’endosser ces rôles, c’était précisément là qu’on faisait passer un message de tolérance.  

Dans le film, les parents semblent finalement plus éloignés de la religion que leurs propres enfants.
Je trouvais intéressant que les parents soient plus détachés de la religion que leurs enfants, car ça reflète une réalité. Le retour du désir religieux et au sacré, dans la jeunesse Française est une belle chose. Moi, je fais partie de cette jeunesse-là. Si cette quête est faite dans le respect des autres, alors cette foi partagée peut vraiment nous tirer vers le haut. Ensemble, avec nos différences, on peut se mettre d’accord sur des valeurs qui nous unissent. La foi peut unir les croyants d’où qu’ils viennent.

C’est un défi de s’attaquer à un sujet pareil…
Et ça ne m’a pas valu que des mains tendues !…. j’ai eu beaucoup de résistance pour les autorisations de tournage entre autres. Et bizarrement j’ai senti que les Chrétiens étaient plus craintifs, que des Musulmans eux-mêmes.

Comment expliquez-vous cela ?
La peur d’être polémique, peur de déranger, peur de faire du scandale, peur d’être taxé d’Islamophobe. Peut-être aussi la peur de représailles. Enfin, la peur dans toutes ses formes…

Et vous ?
Moi, je n’ai pas peur. Je croyais en mon sujet et je savais ce que j’allais en faire : un film sur la tolérance inter-religieuse. Alors je n’avais aucune raison d’avoir peur. Et puis ce film est dédié à cette femme si bonne que j’ai connue dans ma jeunesse, alors pour moi cet hommage pèse bien plus lourd dans la balance que ma petite peur.

Quels types de défis doit-on relever lorsqu’on s’attaque à ce type de projet ?
Le principal défi était pour moi de parler de la beauté de la religion Catholique, sans dénigrer l’Islam. Et l’ultime défi était de faire un film de bonne qualité avec un budget très, très faible, ce n’était franchement pas simple. Ce qui m’oblige, comme à chaque fois, à m’occuper des costumes, des négos avec les agents, des repérages, de la recherche des fournisseurs et tout le reste…

C’est un exploit…
Mais c’est le dernier.

Le dernier film ?
Le dernier fait sans argent, parce-que je me sens trop vieille pour continuer comme ça. Faire des films sans argent, convaincre une centaine de personnes de vous aider, il faut pour ça que le film soit une question de vie ou de mort. Et j’ai eu beaucoup de chance que des techniciens me suivent en étant en participation sur les recettes du film, sans eux, je n’aurais pas pu le faire.  

Les institutions qui financent le cinéma Français ne vous soutiennent pas ?
Mes films n’ont jamais reçu d’aide du CNC, ni de régions, je les ai faits chacun à moins de 50 000 euros. Ce film était le dernier que je faisais sans argent. A l’avenir, je ferai traduire mes prochains scénarios en anglais, et j’irai chercher de l’argent en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Amérique, n’importe où, où on voudra de mon cinéma.  

Comment avez-vous financé votre film ?
Début 2013, je venais d’avoir le refus du CNC pour l’aide à la réécriture. J’étais très triste, parce qu’après m’avoir refusé l’aide pour La Fille Publique, je pensais que cette fois, ils me donneraient leur soutien. Un jour, en marchant dans la rue, j’ai vu sur un kiosque à journaux, la couverture du magazine Challenge, avec le classement des personnes les plus riches de France. J’ai acheté le magazine, j’ai pris les dix premiers sur la liste. Et j’ai écrit la même lettre à tous. Dans la lettre, en trois lignes j’expliquais que j’avais besoin d’un peu d’argent pour faire un film. Je leur ai envoyé le DVD de mon dernier film, ma petite filmographie, et la lettre. Et un jour, j’ai eu la belle surprise de recevoir un courrier de l’un d’eux. Huit mois après, j’avais l’argent.

Qui est cette personne ?
Il donnera son identité s’il en a envie. La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’on ne s’est jamais rencontrés, il n’a jamais lu le scénario, on a échangé plusieurs mails sur le projet, puis il m’a fait confiance. C’est franchement un type très cool.  

Sur le générique de début, un panneau affiche que tous les propos tenus dans le film n’engagent que votre responsabilité…
J’ai conscience que le sujet du film est sensible. En tant que chef de ce projet, je me dois de protéger mes troupes.

Il y a un joli poème sur le générique de fin. Un poème dédié à Madeleine…
Lorsque je vivais à Paris, j’allais souvent me promener dans un cimetière à côté de chez moi. Un jour, j’ai vu ces trois lignes sur une tombe : Ta bouche dort, Tes yeux brillent, Nous ne t’oublions pas. En les lisant, j’ai pleuré, alors que je ne connaissais même pas le mort… des années plus tard, ces trois lignes je ne les avais pas oubliés. Trois lignes simples et humbles, comme l’était Madeleine, la sœur de mon prêtre qui a été assassinée.  

Est-ce que ce film a pour but d’évangéliser ?
Mon but était de rendre hommage au prêtre de mon village et à sa sœur, et à faire passer un message de paix entre Chrétiens et Musulmans. Mais si mon film touche le cœur des gens et leur donne envie de découvrir le Christ, alors c’est une grâce, mais je ne crois pas que j’y serais pour grand-chose… La grâce vient d’en haut.

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Un autre entretien accordé par Cheyenne Caron à Liberté politique

Liberté politique. — Vous êtes réalisatrice de cinéma, quand et comment vous avez fait ce choix de vie ? Pourquoi avoir choisi le cinéma plutôt qu’un autre art ?
À l’âge de seize ans, la DDASS m’a retirée de ma famille d’accueil, j’ai vécu d’abord en foyer, puis seule dans un studio. Je n’allais jamais en cours, et je louais beaucoup de cassettes VHS dans un vidéo-club. Je regardais jusqu’à six films par jour, surtout des films classiques en noir et blanc. C’était mon refuge.
Puis, à mes 18 ans, lorsque j’ai dû choisir un métier, ma seule passion était le cinéma. Alors je suis allée à Paris, sans argent et sans relation, et je me suis battue pour faire mes films…

Quel regard rétrospectif portez-vous sur votre enfance ?
Mon enfance a été un va-et-vient dans le chaos et dans l’amour. Ma mère (adoptive) m’a aimée de manière absolue, et ma génitrice m’a haïe de manière absolue dès ma naissance. Petite, j’ai connu des souffrances terribles, mais j’ai aussi rencontré le soutien indéfectible de Dieu à travers le regard de ma mère. Je dois dire qu’à l’âge de vingt ans, j’avais vu tout ce qu’on peut voir de l’humain. J’avais affronté la mythologie que la vie m’avait réservée et j’étais prête à affronter le monde et imposer mon univers à travers le cinéma.

Où avez-vous trouvé les racines qui vous manquaient ? Comment expliquez-vous la grande fécondité de votre œuvre ?
Être un enfant maltraité et abandonné peut donner une force insoupçonnable. Grâce à cet abandon, tout commençait : il n’y a rien derrière et donc devant moi tout est devenu possible. Ensuite, grâce à ma famille, j’ai baigné dans une tradition de France profonde dès mon plus jeune âge. Je me souviens qu’enfant, chez mes grands-parents, je dormais dans un vieux lit creusé par les générations.
J’ai eu les deux forces : celle de me sentir libre de tout héritage et celle de choisir l’héritage d’une famille modeste, catholique et française.

Quelle est la réalité la plus fondamentale que vous cherchez à montrer dans vos films ?
La beauté. La beauté de l’âme, la beauté de Dieu, la beauté des hommes.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de votre conversion ?
Ce serait bien trop long. Ma conversion a commencé avec l’amour que ma mère m’a porté. Un amour patient, parfois sacrificiel. Ma mère a été la première personne qui m’a montré le chemin de Dieu. Puis, vers l’âge de sept ans, j’ai rencontré Dieu dans mon cœur. Il m’a beaucoup aidé et soutenu, et m’a permis de m’en sortir dans la vie. Finalement l’histoire de ma conversion s’étale sur de nombreuses années. Dieu est patient.

Y a-t-il un lien entre votre conversion personnelle et la conversion que vous racontez dans L’Apôtre ?
Oui. Deux personnes ont compté dans la vie pour me faire connaître Dieu : ma mère et le prêtre de mon village. Lorsque j’ai eu dix-neuf ans, la sœur de mon prêtre a été tuée par un musulman. Ce prêtre a tendu la main à la famille du tueur. A dix-neuf ans, j’ai assisté à l’immense beauté du geste de ce petit curé de campagne, et cela m’a touché au cœur, j’ai mesuré à quel point rien n’égale la beauté et la grandeur du catholicisme.
Bien des années plus tard, j’ai fait le film L’Apôtre en mémoire de ce prêtre et de sa sœur, et pour que la France entière connaisse ce curé et ne l’oublie jamais.

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